Je ne suis pas un numéro …


5
juin

Bagde du N°6
Force est de constater que la Génération Y fait parler et divise. Elle fait parler tant elle alimente les débats sur les réseaux sociaux et dans la sphère médiatique et elle divise car au delà de grands principes édictés en évidence par un ensemble de cabinets conseil en management, aucune étude scientifique n’a réellement prouvé l’existence de la génération Y.

 

Plus qu’une génération Y ne faudrait-il pas plutôt parler du développement d’une culture Y et de logiques de fonctionnement en Y des organisations ?

 

Aborder le “Y” (prononcer “waïe”) sous l’approche de la culture c’est éviter certains écueils (comment expliquer l’existence de cinquantenaires “Y” ou de jeunes diplômés X par exemple), mais c’est aussi replacer l’entreprise dans le débat en examinant les évolutions (passées et en cours) des organisations et du rapport que ces organisations entretiennent avec le travail. Remplacer la génération Y par la culture Y permet alors d’envisager d’avoir une action sur les “Y” tout en tenant compte des réalités du travail et des conditions d’exercice de celui ci. C’est mettre en avant la nécessité d’observer en permanence les grandes tendances de fond face auxquelles nos organisations sont souvent en phase d’interrogation et de recherche d’un positionnement et notamment celles concernant :
  • La Viabilité : notamment économique des différents modèles de fonctionnement des organisations
  • L’Urbanisation : Comment réussir à concilier des tendances à première vue antagonistes visant à l’individualisation et à la gestion collective ?
  • Les Temporalités : Un monde qui finit par confondre vitesse et précipitation
  • L’Organisation : La coexistence d’une logique normative (ordre) et du foisonnement créatif (désordre)
  • La Disponibilité des ressources : Quel portefeuille des ressources disponibles, rareté ou abondance ?
  • Les Logiques de coopération : Mode de travail, Destinataires des informations …
  • La Propriété : face à la dématérialisation et aux usages. Qui est propriétaire d’une idée ?

C’est (peut être) en essayant de répondre à ces questions et en examinant ce que l’on désire faire dans l’entreprise que l’on pourra proposer une logique de management claire et efficace dans un monde qui n’est pas sans repère mais dans lequel les repères sont peut être trop nombreux. Trop d’information tue l’information, Trop de repères détruit la carte …

Ne succombons pas au caractère simplificateur et dé-personnalisant de la case X ou de la case Y ou Z, je ne suis pas un numéro ou une lettre …


Rédigé par fg | Pas de commentaire



 

“Insulter son chef sur Facebook, c’est possible ?”


12
nov

Je suis tombé ce matin sur un article du journaliste Pierre-Yves Dugua du Figaro intitulé “Insulter son chef sur FB, c’est possible ? ” Outre le titre qui peut prêter à sourire, je l’ai lu avec intérêt pour plusieurs raisons.

En premier lieu car il faut situer le lieu de l’événement : les Etats-Unis.Là-bas, la sacro sainte loi sur la possibilité de pouvoir s’exprimer librement fait partie intégrante des moeurs et habitudes américaines. Ce qui n’est pas complètement le cas en France où aussi paradoxal que cela puisse sembler, nous avons moins de libertés sur ce point précis. Comme l’indique cet article, il existe effectivement une agence fédérale indépendante, le “National Labor Relations Boards” (NLRB) qui a en charge de protéger les droits des salariés.

Ce NLRB argue que sur Facebook ou tout autre support Web, un salarié est complètement libre de pouvoir s’exprimer librement, même au détriment de son employeur. Raison pour laquelle cet organisme tente de faire annuler le licenciement de ce salarié qui a critiqué ouvertement son entreprise sur Facebook. Il est donc très intéressant de noter que les réseaux sociaux vont avoir des impacts sur nos lois pour permettre de légiférer, ou pas, ce type de comportements. En France, (Cf mon post Facebook: 1, Alten : 0), nous avons bien vu que c’est également le grand flou juridique, la conseil des Prudhommes ayant été dans l’incapacité de trancher en première instance concernant cette autre affaire.

De plus, cela relance le débat sur la possibilité ou pas, pour un salarié , de dire ce qu’il pense de son employeur ou de son cadre de travail.De nombreuses sociétés françaises empêchent l’utilisation sur le lieu de travail de sites internet du type Facebook ou Twitter espérant ainsi augmenter la productivité de leurs salariés et également restreindre au maximum ce genre de débordements verbaux. Là encore, selon moi, c’est contre productif.

Autant je peux  comprendre de limiter un collaborateur à n’utiliser ces sites que pendant des temps de pause, autant il serait temps que les entreprises comprennent que ces mêmes réseaux font complètement partie de la manière de travailler pour toute une génération. Nombreux sont ceux qui considèrent comme tout a fait normal d’avoir Facebook  ou skype en fond d’écran, ce sont des nouvelles habitudes qui sont bien ancrées et cela ne changera pas, au contraire. L’obstination de certaines sociétés face à ces nouvelles générations ne fera qu’accroître un sentiment d’incompréhension.

Enfin, il est intéressant de noter que parallèlement à la recrudescence de ce type “d’affaires”, les entreprises n’hésitent pas elles à utiliser ces mêmes réseaux sociaux pour se renseigner sur les candidats.Toutes les études démontrent que c’est en train de devenir un usage courant dans le monde professionnel. En France comme à l’étranger. Même si certaines voix se dressent contre ce type de pratique (parfois considérées comme discriminatoires) avec notamment la création en 2007 d’une charte intitulée “Acompetenceegale.com“, bon nombre de recruteurs utilisent ces réseaux pour s’informer sur la personnalité ou le comportement de candidats potentiels. Ces informations relevant souvent de la vie privée, on est effectivement en droit de se demander où se situe la frontière entre la vie privée et la vie publique. En ce qui me concerne, je recommande vivement d’être très vigilant concernant l’utilisation de site comme Facebook car tout écrit reste, ainsi que les photos et il est très compliqué par la suite de pouvoir les retirer.

Je pense que de nombreuses  “affaires” similaires vont voir le jour en France comme à l’international car ces nouvelles habitudes concernant l’utilisation d’Internet ne font que croître quotidiennement. Il va donc être très “amusant”de voir comment vont réagir les entreprises et de quelle manière elles vont essayer, ou pas, d’empêcher leurs collaborateurs de s’exprimer librement.


Rédigé par Thomas Gadenne | Pas de commentaire