Tour d’ivoire ou Tour de Babel, la nécessaire réflexion sur les données RH


11
fév

Pour paraphraser un homme politique Américain, “si vous pensez que la GRH de vos organisation est inutile essayez sans…”.

L’ouvrage d’un sociologue très médiatique, annonçant le livre noir des DRH a agité quelques temps le microcosme médiatique. Cet ouvrage est très critiquable, tant sur la forme que sur le fond. Certes, il pointe de réels problèmes, mais dans une logique d’amalgame et de « sensationnalisme » (notamment dans le titre et dans la communication ayant accompagné son lancement), l’auteur les attribue à ceux qui sont le plus activement impliqués dans la recherche de solutions et ne propose pas réellement de solutions. Tirer sur l’ambulance est une logique contre-productive par excellence. Une logique dans l’air du temps, il est de bon ton que de « taper » sur les DRH…

Au delà des (maintenant) habituels reproches contre la fonction RH, certains articles dans la presse se sont fait l’écho ces derniers mois d’entreprises ayant supprimé le poste de DRH et s’en portant relativement mieux. Ces articles passaient alors en revue tout un ensemble d’avantages perçus par les dirigeants à la suppression de cette fonction inutile, pouvant être résumés dans l’amélioration de la prise de décision et du fonctionnement managérial. C’était passer un peu vite sur le fait que les rôles et missions n’avaient pas disparus mais qu’ils avaient été redistribués a des personnes ayant alors un réel pouvoir dans ces entreprises (généralement le dirigeant).

Que retenir de tout cela ? Certainement la nécessité absolue que de refonder la fonction RH, d’en redéfinir les contours, les enjeux et les attendus. De clarifier les rôles et missions de chacun tout en redéfinissant l’équilibre des pouvoirs dans l’organisation. Pour simplement, qui fait quoi et qui est responsable de quoi. L’accumulation de nouvelles missions, l’intégration forcée de nombre d’enjeux sociétaux (et non pas sociaux) par la loi, les réorganisations permanentes, la faiblesse des effectifs RH dans certaines organisations et de notre communication ont abouti à faire de la fonction RH une fonction floue, dont l’utilité n’est plus perçue dans sa complexité et son intégralité par nos différents « clients internes » que sont les collaborateurs, les managers, les partenaires sociaux et la direction.

Alors que les frontières de l’entreprise sont en train d’être redessinées, que la nécessité de faire face aux différents chaos organisationnels, économiques et commerciaux dans des univers oscillant entre régulation et dérégulation et que nos marchés (financiers, commerciaux, travail…) sont eux aussi en profond changement (enjeux logistiques, pays émergents, zones économiques…) nos enjeux se tournent de plus en plus vers notre capacité à entretenir le capital immatériel de l’entreprise et à l’examen du rapport à la gestion des savoirs, à leur identification, leur construction et leur sauvegarde. Autant de défis pour lesquels nous sommes actuellement faiblement outillés…

L’illusion technologique

Faiblement outillé ? Il est singulier de remarquer que la fonction Ressources Humaines a surtout évolué au cours de ces dernières sous l’impact des technologies de l’information. Cette réponse est toutefois un raccourci simplificateur. La place des technologies est maintenant essentielle dans le fonctionnement de nombre de Directions des Ressources Humaines, donc tout va bien ? Non… car nombre de professionnels RH se plaignent des technologies, trop lourdes, trop contraignantes, inadaptées, redondantes, etc… Aurions nous été victime d’une illusion technologique ? Ne portons nous pas trop d’attentes vis à vis de ces outils ? Ou plus simplement avons nous les outils adaptés enjeux auxquels nous sommes confrontés ? Quels sont alors les éléments qui pourraient participer à l’explication de cet inadéquation de nos outils ?

Données, Informations, Savoir …

Faiblement outillé car nous n’avons pas suffisamment cherché à répondre à quelques questions essentielles quant aux objectifs et processus devant être mis en œuvre.

Parmi ces questions essentielles, avons nous clairement défini les données, les informations et les savoirs nécessaires à notre exercice professionnel ? et d’ailleurs avons nous une définition claire de ces trois termes ?

Une approche simplifiée et pratique pour la définition d’un système d’information nous conduit à définir les données comme étant représentatives d’un état de fait objectif (heure d’arrivée, heure de départ par exemple), généralement quantitatives elles sont assez facilement informatisables. Les informations sont des données que l’on regroupera avec une réglé d’agrégation (taux d’absentéisme par exemple), l’information ne peut donc être partagée que sur la base d’une définition commune, une règle, une formule. Quant aux savoirs ilskl sont alors constitués sur la base d’informations que l’on agrégera de manière non structurée.

Alors au sein des DRH disposons nous des données, informations et savoirs nécessaire à notre exercice professionnel ? Avons nous travaillé dans une logique de type «  reverse engineering » à la structuration de notre système d’information ? (de la stratégie de l’entreprise à sa déclinaison RH, de la stratégie RH aux savoirs nécessaires, donc aux informations et aux données ?). Rarement, et nous rencontrons encore trop souvent des professionnels RH obligés de perdre beaucoup de temps à obtenir les informations nécessaires à la prise de décision ou étant confrontés à l’absence de ces informations.

Écologie RH

Il est nécessaire de repenser la fonction RH dans l’éco-système global de l’entreprise. Avoir une meilleure vision des données, informations et savoirs au sein de la Direction des Ressources Humaines permet alors de travailler à la bonne articulation des flux d’informations entre la DRH et ses différentes parties prenantes.

Au delà des informations dont nous disposons et que nous devons gérer pour de simples exigences de fonctionnement, d’obligation légale ou de gestion des relations sociales, nos différentes parties prenantes sont en attente d’autre chose. Par exemple, Engagement et Performance sont au cœur de nombre de discussions entre DRH et DG, ou plus simplement l’individualisation de la GRH entre DRH, Managers et Collaborateurs. Avons nous ces savoirs, ces informations, des données permettant une prise de décision éclairée ? Avons nous, même, une idée claire de ce que nos partenaires attendent ? Rarement.

Repenser la fonction RH dans l’éco-système global de l’entreprise c’est qualifier au mieux les relations clients/fournisseurs, afficher ce que l’on peut faire et ce que l’on ne peut pas faire et travailler à un réel coût et ROI de ce qu’il est possible de faire et avec qui il est possible de le faire.

Passer de « Information = Pouvoir » à « Collaboration = Reconnaissance »

Avec qui il est possible de le faire, car de plus en plus, la fonction RH travaille (ou doit travailler) avec les autres fonctions de l’entreprise, il nous faut détruire la tour d’ivoire tout en travaillant à la réalisation d’objectifs communs. Le risque étant de voire se construire une tour de Babel, la somme des objectifs des autres fonctions avec ceux des RH ne donnant pas un objectif commun. Détruire la tour d’ivoire c’est aussi faire évoluer les pratiques du style « information = pouvoir » et de leur substituer « Collaboration = Reconnaissance ».

Refonder la fonction RH ?

Refonder la fonction RH, c’est certes travailler sur un ensemble d’éléments essentiels tels que la confiance, l’écoute, etc… mais c’est aussi un projet de fond quant aux « capabilities » et donc à ce qui fait tourner le moteur du SI, la donnée, l’information et le savoir.

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    Rédigé par fg | Pas de commentaire



     

    “Why we hate HR”, un virus en mutation…


    25
    juin

    « Why we hate HR »… Un virus en mutation.

    Quelques remarques et réactions suite à la publication d’une étude réalisée par l’Observatoire CEGOS sur la fonction RH (intitulée Radioscopie RH), ses priorités et la vision qu’en ont les collaborateurs.

    « L’entreprise », « Pour se Former » et d’autres organes de presse ont abondamment relayé cette étude dont il ressort quelques points saillants pour les DRH interrogés : le caractère chronophage de tâches administratives à faible valeur ajoutée, la fixation de priorités telles que la gestion des compétences, l’implication dans la stratégie de l’entreprise qui a progressé mais peut être encore améliorée, etc…

    Mais ce qui est présenté dans cette étude comme le point marquant c’est le divorce entre les collaborateurs de l’entreprise et la fonction RH, jugée distante, peu au fait des problématiques du terrain et insuffisamment à l’écoute. Cette situation n’est pas nouvelle, déjà lors d’enquêtes précédentes la CEGOS a mis en avant de profondes distorsions entre la perception des DRH et celle des salariés de leurs entreprises. Depuis 2005, date à laquelle je me suis intéressé à cette problématique (suite à la lecture d’un article américain au titre volontairement provocateur : Why we hate HR), les études confrontant vision des « DRH » et vision des « Collaborateurs » vont invariablement dans le même sens. D’où vient cette distorsion ? Que faisons nous pour la réduire ?

    Quels vecteurs de contamination ?

    La responsabilité des managers ? Depuis de nombreuses années, la réduction des effectifs liés aux fonctions supports et donc au RH ainsi que des approches et conceptions managériales font du « Manager » le « RH » de proximité.  Le « Tous DRH » toutefois ne se décrète pas, dans le meilleur des cas il s’organise et doit s’organiser de telle manière que le « Manager » ait les moyens d’assumer ses responsabilités, qu’il ne soit pas le paravent des « DRH » ou qu’il ne fasse pas écran.

    La responsabilité des partenaires sociaux ? Dire que nous faisons face à une problématique de représentativité syndicale dans nos entreprises est une évidence. Au delà de ce constat, repenser le rôle et la place des partenaires sociaux dans le processus de prise de décision au sein des « DRH » est primordial. Partenaires, Observateurs ou Opposants ?

    La responsabilité des équipes RH en définitive ? Les RH ont fait évoluer leur implication et l’articulation de leurs fonctionnements avec la stratégie de l’entreprise. Certains utilisent le terme de « business partner », je reste critique sur cette appellation car les RH ne sont pas des partenaires du business, ils sont eux aussi dans le « business » au même titre que les autres fonctions de l’entreprise. Parmi les fondamentaux de notre fonction de « RH » nous nous devons de garantir égalité et équité de traitement et concilier l’économique et le social. La fonction RH est donc une fonction d’équilibre pour les organisations. Si pour simplifier, nous avons deux « clients » internes principaux le « Management » de l’entreprise et les « Collaborateurs », le développement d’une meilleure articulation avec le « Management » ne s’est-il pas fait au détriment du temps et de l’attention que nous consacrons aux « Collaborateurs » ?

    Que faire pour l’éradiquer ?

    La mise en place d’une logique de rééquilibrage devient urgente. Il suffit pour s’en persuader de naviguer sur les forums de discussion de divers réseaux sociaux consacrés aux Ressources Humaines, véritables bouillons de culture du bacille « WWHHR*». Plus nous attendrons, plus ce virus sera résistant …

    Quelques pistes à suivre et à adapter au sein de nos organisations :

    Vis-à-vis des managers : Ce rôle de RH de premier niveau n’est pas simple, avons nous (en tant que RH) vérifié et validé que l’information est bien passée, que les managers concernés acceptent ce nouveau rôle, qu’ils y sont préparés (formation adaptée) et qu’ils disposent des moyens nécessaires (par exemple documents avec l’ensemble des processus ou guide des principales Q/R que posent les collaborateurs, etc…)

    Vis à vis des partenaires sociaux : Le constat fait sur la fonction RH pourrait dans bien des cas s’appliquer aussi aux partenaires sociaux. Faire évoluer cette relation n’est pas chose aisée, travailler dans une logique partenariale demande un long apprentissage et le développement d’une logique de confiance réciproque.

    Enfin, nous devons repenser la manière dont fonctionne la « DRH », travailler à l’instauration d’une véritable vigilance sociale, repenser nos modes de fonctionnement et attitudes en intégrant mieux l’écoute des collaborateurs et en informant mieux sur ce que nous faisons. Réinvestir le champ de la relation sociale au sens large prend du temps, mais en définitive, alors que nous sommes en perpétuel changement, nous fera gagner, sur notre capacité à gérer et accompagner le changement, en crédibilité, en efficacité et en temps.

    *WWHHR : Why we hate HR

    Trousse d’urgence : Ressources complémentaires

    Etude CEGOS :

    Articles relatifs à cette étude :

    Outils de vigilance sociale : Opentojob : www.opentojob.com

    Patient Zero : l’article Why We Hate HR

     

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      Rédigé par fg | Pas de commentaire



       

      Je ne suis pas un numéro …


      5
      juin

      Bagde du N°6
      Force est de constater que la Génération Y fait parler et divise. Elle fait parler tant elle alimente les débats sur les réseaux sociaux et dans la sphère médiatique et elle divise car au delà de grands principes édictés en évidence par un ensemble de cabinets conseil en management, aucune étude scientifique n’a réellement prouvé l’existence de la génération Y.

       

      Plus qu’une génération Y ne faudrait-il pas plutôt parler du développement d’une culture Y et de logiques de fonctionnement en Y des organisations ?

       

      Aborder le “Y” (prononcer “waïe”) sous l’approche de la culture c’est éviter certains écueils (comment expliquer l’existence de cinquantenaires “Y” ou de jeunes diplômés X par exemple), mais c’est aussi replacer l’entreprise dans le débat en examinant les évolutions (passées et en cours) des organisations et du rapport que ces organisations entretiennent avec le travail. Remplacer la génération Y par la culture Y permet alors d’envisager d’avoir une action sur les “Y” tout en tenant compte des réalités du travail et des conditions d’exercice de celui ci. C’est mettre en avant la nécessité d’observer en permanence les grandes tendances de fond face auxquelles nos organisations sont souvent en phase d’interrogation et de recherche d’un positionnement et notamment celles concernant :
      • La Viabilité : notamment économique des différents modèles de fonctionnement des organisations
      • L’Urbanisation : Comment réussir à concilier des tendances à première vue antagonistes visant à l’individualisation et à la gestion collective ?
      • Les Temporalités : Un monde qui finit par confondre vitesse et précipitation
      • L’Organisation : La coexistence d’une logique normative (ordre) et du foisonnement créatif (désordre)
      • La Disponibilité des ressources : Quel portefeuille des ressources disponibles, rareté ou abondance ?
      • Les Logiques de coopération : Mode de travail, Destinataires des informations …
      • La Propriété : face à la dématérialisation et aux usages. Qui est propriétaire d’une idée ?

      C’est (peut être) en essayant de répondre à ces questions et en examinant ce que l’on désire faire dans l’entreprise que l’on pourra proposer une logique de management claire et efficace dans un monde qui n’est pas sans repère mais dans lequel les repères sont peut être trop nombreux. Trop d’information tue l’information, Trop de repères détruit la carte …

      Ne succombons pas au caractère simplificateur et dé-personnalisant de la case X ou de la case Y ou Z, je ne suis pas un numéro ou une lettre …

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        Rédigé par fg | Pas de commentaire



         

        Le nouveau visage du DRH


        13
        fév

        J’ai découvert avec beaucoup de plaisir, sur le site RH Info, l’article de Jean-Marie Peretti intitulé les 7 défis RH pour 2012 !

        Vous y trouverez sa vision sur l’évolution des thématiques à traiter pour la fonction RH. Il apparaît clairement que ces nouveaux défis viennent complexifier (et enrichir) leurs réflexions et prises de décisions.

        Mr Peretti montre à quel point les RH se retrouvent au centre de multlitudes d’acteurs internes et externes à l’entreprise.Tout étant implicitement lié, les challenges à venir de la fonction RH peuvent selon lui se définir sur 7 thématiques principales :

        -Le défi de l’engagement des salariés
        -Le défi des talents
        -Le défi du changement
        -Le défi du renouvellement du management
        -Le défi des diversités
        -Le défi du développement durable
        -Le défi du dialogue social

        je vous invite tous à en prendre connaissance, j’ai personnellement trouvé cet article très pertinent.

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          Rédigé par Thomas Gadenne | Pas de commentaire