
Je suis tombé ce matin sur un article du journaliste Pierre-Yves Dugua du Figaro intitulé “Insulter son chef sur FB, c’est possible ? ” Outre le titre qui peut prêter à sourire, je l’ai lu avec intérêt pour plusieurs raisons.
En premier lieu car il faut situer le lieu de l’événement : les Etats-Unis.Là-bas, la sacro sainte loi sur la possibilité de pouvoir s’exprimer librement fait partie intégrante des moeurs et habitudes américaines. Ce qui n’est pas complètement le cas en France où aussi paradoxal que cela puisse sembler, nous avons moins de libertés sur ce point précis. Comme l’indique cet article, il existe effectivement une agence fédérale indépendante, le “National Labor Relations Boards” (NLRB) qui a en charge de protéger les droits des salariés.
Ce NLRB argue que sur Facebook ou tout autre support Web, un salarié est complètement libre de pouvoir s’exprimer librement, même au détriment de son employeur. Raison pour laquelle cet organisme tente de faire annuler le licenciement de ce salarié qui a critiqué ouvertement son entreprise sur Facebook. Il est donc très intéressant de noter que les réseaux sociaux vont avoir des impacts sur nos lois pour permettre de légiférer, ou pas, ce type de comportements. En France, (Cf mon post Facebook: 1, Alten : 0), nous avons bien vu que c’est également le grand flou juridique, la conseil des Prudhommes ayant été dans l’incapacité de trancher en première instance concernant cette autre affaire.
De plus, cela relance le débat sur la possibilité ou pas, pour un salarié , de dire ce qu’il pense de son employeur ou de son cadre de travail.De nombreuses sociétés françaises empêchent l’utilisation sur le lieu de travail de sites internet du type Facebook ou Twitter espérant ainsi augmenter la productivité de leurs salariés et également restreindre au maximum ce genre de débordements verbaux. Là encore, selon moi, c’est contre productif.
Autant je peux comprendre de limiter un collaborateur à n’utiliser ces sites que pendant des temps de pause, autant il serait temps que les entreprises comprennent que ces mêmes réseaux font complètement partie de la manière de travailler pour toute une génération. Nombreux sont ceux qui considèrent comme tout a fait normal d’avoir Facebook ou skype en fond d’écran, ce sont des nouvelles habitudes qui sont bien ancrées et cela ne changera pas, au contraire. L’obstination de certaines sociétés face à ces nouvelles générations ne fera qu’accroître un sentiment d’incompréhension.
Enfin, il est intéressant de noter que parallèlement à la recrudescence de ce type “d’affaires”, les entreprises n’hésitent pas elles à utiliser ces mêmes réseaux sociaux pour se renseigner sur les candidats.Toutes les études démontrent que c’est en train de devenir un usage courant dans le monde professionnel. En France comme à l’étranger. Même si certaines voix se dressent contre ce type de pratique (parfois considérées comme discriminatoires) avec notamment la création en 2007 d’une charte intitulée “Acompetenceegale.com“, bon nombre de recruteurs utilisent ces réseaux pour s’informer sur la personnalité ou le comportement de candidats potentiels. Ces informations relevant souvent de la vie privée, on est effectivement en droit de se demander où se situe la frontière entre la vie privée et la vie publique. En ce qui me concerne, je recommande vivement d’être très vigilant concernant l’utilisation de site comme Facebook car tout écrit reste, ainsi que les photos et il est très compliqué par la suite de pouvoir les retirer.
Je pense que de nombreuses “affaires” similaires vont voir le jour en France comme à l’international car ces nouvelles habitudes concernant l’utilisation d’Internet ne font que croître quotidiennement. Il va donc être très “amusant”de voir comment vont réagir les entreprises et de quelle manière elles vont essayer, ou pas, d’empêcher leurs collaborateurs de s’exprimer librement.