Facebook: 1 Alten:0


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nov

Je reviens sur un exemple concret de la non compréhension par les entreprises des réseaux sociaux et autres supports Internet.Il y a quelques mois, la société Alten a estimé que trois de ses salariés portaient préjudice à sa réputation en échangeant des propos négatifs sur Facebook (Article du Nouvel Observateur du 20 mai 2010).Je ne vais pas traiter ici du contenu et des propos échangés et du fait qu’ils soient diffamatoires ou pas. Là n’est pas la question dans le sens où n’importe qui peut dire à peu près n’importe quoi sur ce type de réseau.C’est le principe même d’Internet.Ce qui m’intéresse en revanche, c’est la réaction d’Alten face à ce genre de comportements qui ne cessent de croître.

Dans l’esprit des gens, si une entreprise sanctionne des salariés car ils se sont exprimés librement sur leur entreprise, c’est l’entreprise qui n’est pas juste, qui a le mauvais rôle. Spécialement en France où la liberté d’expression est encore de mise (pour combien de temps ?). Peu importe de savoir si les contenus échangés étaient véridiques ou pas. N’importe quel spécialiste interrogé aurait pu simplement expliquer à cette société qu’il ne fallait surtout pas réagir ainsi. L’effet escompté n’étant pas atteint dans le sens ou en terme de communication, d’image sociale de l’entreprise par les consommateurs, les résultats sont catastrophiques. Combien de campagnes de publicité faudra-t-il à cette société pour faire oublier aux internautes leur comportement ? Je ne sais pas mais je suis certain que cela laissera des traces, sur internet et dans l’esprit de nombreuses personnes. Son image sociale, sa réputation et sa marque employeur ont fortement été impactées par leur manière de traiter ce dossier.

Cet exemple montre parfaitement le décalage qui existe aujourd’hui en France entre le monde professionnel et Internet. C’est parfois affligeant de voir à quel point certaines entreprises s’obstinent dans des comportements qui n’ont plus lieu d’être à notre époque. Le monde a changé, finis les discours corporate aseptisés qui sentent bon la naphtaline. Finis les campagnes classiques de publicité pour publics léthargiques (encore que ^^). Le citoyen d’aujourd’hui, ambassadeur de son entreprise est également consommateur, voire éco-citoyen. Il se renseigne, compare , vérifie et est de plus en plus sensible aux vérités cachées. Il ne « s’abreuve » plus uniquement de ce qu’on lui dit ou garantit mais est bien acteur de sa vie, en privé comme dans le monde professionnel.

Il est grand temps que tous les acteurs s’en rendent compte car cette profonde mutation ne s’arrêtera pas, au contraire, elle ne fait que croître au fil des ans. Les entreprises doivent bien comprendre qu’il est inutile de chercher à empêcher les salariés de s’exprimer, elles ne le pourront techniquement pas et cela se retournera souvent contre elles. Je crois que la transparence et l’échange sont bien plus constructifs pour tous. Je constate néanmoins que de plus en plus d’entreprises sont sensibilisées à ces thématiques, elles ont pour la plupart besoin de temps pour s’adapter à ces changements qui touchent à des sujets hyper sensibles. Là encore, il peut être intéressant de se tourner vers d’autres pays pour observer leur positionnement sur des sujets similaires. Mes recherches me laissent à penser que les pays anglo-saxons et scandinaves ont une longueur d’avance dans ces domaines comme souvent quand cela touche au bien-être de « l’homme ». Il pourrait être intéressant, dans un prochain post, de se pencher sur un cas concret d’innovation sociale provenant d’un de ces pays.

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    Rédigé par Thomas Gadenne



     

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